Méthodologie

Notes et pensées désorganisées

« la maîtrise des ambiances »

L’idée est d’aborder l’Architecture en partant de l’atmosphère et des ambiances recherchées. L’émergence des formes correspondantes aux ambiances envisagées est le principe conducteur de cette architecture, elle s’oppose à une architecture d’emprunts basée sur l’utilisation d’une police culturelle préétablie qui parait être le piège principal de tout concepteur.

Cette enquête sur une technique de conception est illustrée par ma propre expérience professionnelle ou je tente de déjouer le piège qui consiste, en se laissant submerger par le spectacle de ces siècles de réponses architecturales exposées à nos yeux, à puiser clans ce « trésor de solutions » en les détournant regrettablement, faute de connaissance ou de compréhension, de leur « sens natal » en partant donc des émotions souhaitées, j’envisage de les générer au moyen d’un vocabulaire maîtrisé en composant des « phrases » abordables pour les non initiés.

Un Commentaire des projets d’architecture réalisés de 1986 à 1999, montrera l’évolution de ce vocabulaire qui, se dépouillant au fil des ans de tout emprunt direct, puise son renouveau dans : la Musique, la poésie et l’Expérience. Hervé Porte, sujet déposé le 29 avril 1999

Notes et pensées désorganisées qui ont hanté mon esprit

LES VISAGES DU LIEU : l’expression du lieu la beauté du lieu l’allure, le teint, la santé, la dimension du lieu les traits du lieu le sentiment que dégage le lieu Pourquoi, qu’avons nous manqué, nous restaurons les reliques, les constructions neuves devront ressembler aux anciennes pour s’intégrer dans le site ?

Créer et pour créer ne rien savoir ?

Chaque réalisation est une étape nouvelle dans le temps : « La flèche du temps est une spirale auto entretenue par le jeu de l’organisation et de l’entropie dans le cosmos  » (architecture espace du temps ?- colloque de novembre 1987 EAC) L’existant est déjà l’ancien, a puisé dans les ressources physiques et culturelles du passé pour prendre sa place à son tour dans le présent, trace indissoluble pour un temps seulement. Chaque projet a sa raison d’être, son utilité, son évidence, ses lacunes.

Ambiguïté de l’intégration : doit-on s’intégrer dans le site ou intégrer le site ? doit-on s’intégrer aux erreurs du passé ? Le nouveau projet doit être l’expression du nouveau, construit sur les bases du présent, issu des contraintes du présent, l’existant est là pour témoigner du passé comme racine du présent, le nouveau émerge telle la plante pour vivre et se faner ; il sera l’ancien de demain et aussi ses racines : la fleur accorde à l’univers sa beauté sa grâce et ses senteurs… Cycle des naissances : elle meurt, le pistil, le pollen, les abeilles… renaît, ailleurs, se multiplie…

Au début était le son issu du silence, soutenu par le rythme immanent. Des sons organisés sont venus les mots, premiers indices d’expression consciente, permettant par la suite une communication basée sur une compréhension commune. Du silence de la pensée se sont construites les phrases qui animent et le dialogue intérieur et le discours. Les Poètes ont retrouvé ou recherché le son originel par l’intermédiaire de leurs assemblages de mots constituant des sonorités harmonieuses.

Notion d’Harmonie : Les choses qui s’assemblent. Les choses qui se ressemblent. Les choses qui se répondent : « les parfums, les couleurs et les sons se répondent  » Charles Baudelaire. Les choses qui s’opposent : l’aigu et le grave dans la musique mis en accord par l’art musical. L’harmonie est consonance, c’est à dire accord, c’est à dire Amour, dans le banquet de Platon.. Le son est comme un point dans l’espace musical : L’intersection de Z direction, Z dynamique donne naissance à l’enfant, au point, au son, à la cible. Quel doit être l’état d’âme pour atteindre la cible perçue ? Sérénité, disponibilité, conscience, Amour. Accord avec la rythmique engendrée par la FORME. Du vide est né la forme ou les formes ? ou selon la théorie du physicien RENE THOM : du chaos naît la structure première, l’énergie vitale issue de la morphogenèse de tout élément existant ? L’architecture ne serait-elle pas une combinaison de Formes ? Devenant elle-même LA FORME ? Qu’est-ce donc le point commun ou le rapport, SON / FORME ? Faire vibrer l’être humain dans un sens ou dans un autre ? Déjà tout est FORME.

Harmoniques musicales, les octaves, Nombre d’or, la suite de FIBONACCI, rapports harmonieux pour l’homme et la nature qui tous sont en rapport les uns avec les autres par une trame secrète que révèle parfois et en partie seulement les sciences

Maîtrise la plus parfaite possible de ce que l’on pourrait nommer les AMBIANCES. L’ÉTRANGE qui DÉRANGE, qui change la perception habituelle, oublier le sens des choses ou plutôt le nom des choses, retrouver la virginité de l’esprit privé de ses références carcérales ; Oublier, tout oublier, réapprendre et apprendre à réapprendre de plus en plus vite, gagner de vitesse la pensée, la pensée raisonnée, apprendre à voyager avant de partir. La peinture « abstraite ». abstraite dans le sens : éléments concrets lisibles symboliquement, exemple le surréalisme. abstrait dans la forme : éléments abstraits / sens abstrait – éléments abstraits / sens concret. Elément en opposition à l’élément surréel, VIRTUEL.

  •  Abstraction lyrique, Symbolisme, Surréalisme, Dadaïsme. L’artiste brouille les pistes, sans indices, oeuvre indicible et finalement muette. Art d’autiste, l’artiste est trop bavard, plus de mystère et l’ÉTRANGE ; ETRE ANGE ne vient pas : L’artiste prend la fuite, il a trop à dire ou trop peu, il pose son énigme par l’intermédiaire de son oeuvre, ce n’est plus le guide qui éclaire le peuple mais un dialogue d’initiés ! Il n’a pas réussi à se faire repérer dans son champ, son champ n’est pas identifié.

S’il n’est pas compris des hommes le sera t-il des Dieux ?

NON, l’artiste ne doit pas prendre la fuite, « Les chacals aboient, la caravane passe ». C’est lui l’initié, son rôle est d’initier à son tour, pour cela il doit garder le lien avec l’homme, le connaître avant tout puis lui ouvrir une perspective sur le chemin vers la liberté.

AMBIANCES / IMPRESSIONS  » La musique me prend comme une mer(e)  » dit Baudelaire Impressions de légèreté Impressions de poids Impressions de fragilité Impressions de solidité Impressions de stabilité

AMBIANCE : quelque chose qui m’enveloppe, que je subis immédiatement comme les notions de : mouvances, étroitesse, largeur, grandeur, longueur. AMBIANCE : Il se dégage un parfum particulier, qui s’accroche en moi, qui m’invite ou me repousse ou encore m’indiffère, me laisse froid jusqu’à ce que l’on pourrait appeler la chute ou l’absence d’AMBIANCE

Leurrer l’observateur et lui offrir la surprise de la technique utilisée. Par le même principe que celui des reconnaissances : VERTICALE / HORIZONTALE /ANGLE DROIT

Faire tenir ce qui ne doit pas tenir Rendre léger ce qui est lourd donner du poids à ce qui est léger éclairer sans pouvoir localiser la source lumineuse donner de l’ampleur à une construction modeste en volumes camoufler une infrastructure trop volumineuse (ces deux derniers exemples peuvent être envisagés dans le cas d’une intégration au site )

TECHNIQUES DE CONSTRUCTION : Structure nouveaux matériaux application de la robotisation infographie, description des formes complexes d’une manière numérique échappant aux imprécisions de la méthode analogique Ne pas abandonner l’étude par analogie ACOUSTIQUE : impressions d’espaces par le contrôle du son et de l’acoustique, sculpture du son, rapport son / espace LA LUMIERE : direction visuelle des perceptions d’espace selon l’intensité variable, polarisation possible, variations naturelles ou contrôlées LES ODEURS : elles agissent directement sur le système neurovégétatif et traduisent efficacement la mémoire des AMBIANCES

Ouverture de l’architecture à la science, à la technique industrielle L’architecture sait utiliser tous les moyens en notre possession : scientifique, sociologique, géographique, toutes bases d’investigation : elle prend en compte les découvertes de la bionique, les enseignements de l’ergonomie pour correspondre le plus étroitement possi­ble à l’homme, pour participer à sa réalisation, favoriser sa prise de conscience et l’évolution positive de son être.

LES SENS Le sens de la verticale Le sens de l’incliné Le sens de l’horizontale Quand le vertical se met-il à pencher ? Le sens du droit Quand la courbe devient-elle droite ? Le sens du courbe Quand l’angle n’est-il plus droit ? Le sens de l’angle droit Le sens de l’angle fermé / obtus Le sens de l’angle ouvert / large Le sens du penché

Il faut faire confiance à nos sens que pour rien au monde nous ne voudrions perdre, tout dépend donc de l’acuité de l’observateur, l’observateur en bon état de marche, bien éduqué, qui a bien appris sa leçon au cours de toutes ses années d’apprentissage et de conditionnement.

QUESTION : Faut-il éduquer l’observateur ? Faut-il employer des moyens de bon dressement et comme dit MICHEL FOUCAULT  » Les pierres peuvent rendre docile et connaissable « (« surveiller et punir » )

Tout dépend de la démarche architecturale choisie, doit-on faire place à « l’obsession inquiétante d’un strict quadrillage des formes et de l’espace » que note MICHEL MANGEMATIN à propos de l’architecture de ROSSI et UNGERS (colloque de novembre 1987, architecture espace du temps ?) il continue, en dénonçant le fait que le bâtiment risque de devenir sur ces bases « une cage radicale dans laquelle l’espace tente d’emprisonner le temps et l’homme avec ». Placé, éduqué dans de tels carcans l’homme a bien sûr tout loisir d’améliorer son outil de lecture et d’expression en conséquence. MAIS lorsque je sors de ma prison et que j’observe les arbres, les fleurs, les nuages, l’horizon, la SAGRADA FAMILIA pourquoi pas, où sont les angles droits, les symétries obsessionnelles ? La verticale est là pourtant, sa flèche vers le ciel ; l’horizontale aussi, mais en second plan, juste pour tenir le penché, la courbe, l’angle ouvert.

ROLE INITIATIQUE DE L’ARCHITECTURE / L’HOMME

  •  Comprendre
  •  Comprendre notre nature
  •  Dégrossir notre cerveau archaïque
  •  ART COSMIQUE =LIBERTE/ ARCHITECTURE COSMIQUE = RIEN

ARCHITECTURE : contraintes nécessaires à l’ordonnancement du cerveau, sorte de trame en rapport avec la trame sociale favorisant la cohabitation ?

ART COSMIQUE : ici, nous ne sommes que des « artistes » passifs, contemplatifs ; tout n’est que pâle imitation de ce paysage inouï dissimulé par son omniprésence et sa discrétion simultanée. Ou bien sommes nous un rêve, sommes nous en train de rêver ? Rien n’existe…

Pouvoir intuitif, favorisé par l’état méditatif, par le non vouloir, par la disponibilité de l’âme. Etat d’éveil, l’artiste peut être le  » réceptacle  » des vérités humaines, sur-humaines : état de conscience, participation à la co-naissance, la naissance à soi-même, la nais­sance à un monde vivant.

L’architecte doit être un généraliste comme disait WRIGHT (l’avenir de l’architecture) Poésie de la vie Maison pour paraître ou pour être ? Modèle abstrait de rapport à l’objet et non l’observation réelle de l’homme par rapport à l’objet. L’ARCHITECTE TOMBE DANS UN PIÈGE : IL fait SA maison et est incapable de se décentrer sur le problème de l’AUTRE. NOCTURNE DE CHOPIN : qui ne cesse, ne s’arête sur une note, on attend la suite, on n’en souffre pas … Ouvrir une porte qui ne se referme pas, susciter l’imagination, ne pas créer l’arrêt…

EPOCHE : suspension du jugement personnel lors de l’analyse phénoménologique. HUSSERL Rapport direct et exclusif à l’expérience Vérité contenue dans les choses

Analyse singularité interne : conception tracé régulateur

Analyse singularité externe : lignes de force cadastre analyse morphologique

  • ATYPISME = LIBERTE OBJECTIF : Qualité d’espaces de conception, Maîtrise des ambiances. PROCESSUS : restriction de l’espace des solutions par :
  •  système des références
  •  trames
  •  le tracé régulateur : réduction de la part des hasards

RAPPORT SON / FORME / ESPACE DEFORMATIONS PERSPECTIVES / DYNAMISATION DES ESPACES

EXPERIENCE – SILENCE – Cette expérience qui a façonné mon regard sur l’architecture – Expérience délibérément hors références : Retranchement pour ne pas constituer « une mémoire de clichés « . Savoir redéfinir de vraies règles de vie, intactes, intimes, « collées » à l’individu. Remise en question de « l’habitude de vie » de chacun, de soi-même bien sur. La concentration, travail de l’outil : La sensibilité de l’homme simple, serein, qui ne se laisse pas « submerger par ses sentiments mais en contient le flot ». (Carlos Castaneda) Recherche d’un vocabulaire simple et dépouillé adapté à mon « intelligence » : peu de mots / sens profond. Persévérance toujours, nécessité de ce vocabulaire simple que nous maîtrisons car il nous est adapté.

  •  Savoir écouter, savoir regarder, sentir, toucher, aimer
  •  « Alimentation » par les autres domaines artistiques : Poésie, Peinture, Sculpture, Musique NON, l’architecture N’EST PAS de la musique figée
  •  Poésie de la vie
  •  Se détacher et ne pas s’impliquer dans l’objet.
  •  Ce n’est plus moi qui « crée » c’est l’objet qui m’apparaît.
  •  Il doit être parfaitement évident aux limites de ma « connaissance de l’instant » (évident aujourd’hui, simple ébauche de demain.
  •  « L’instrument se positionne et l’objet émerge, l’objet fait à la perception de nos sens l’offrande de ses formes comme si, ne pouvant se connaître lui-même, il voulait être au moins objet de connaissance »
  •  Le silence toujours et encore plus nécessaire. LE SILENCE

Quête d’un silence intérieur Concentration, simplicité qui fait émerger l’évidence l’objet apparaît unique pour nous

APPLICATIONS

  •  Avantage de l’expérience à traiter de tout mais à travailler avec toujours le même « instrument ».
  •  Notion d’intégration, d’harmonisation des éléments : le site, le lieu, l’habitant, les habitants.
  •  Le rapport avec l’environnement ; plus de dissociation envisageable (cf. Rosgnilk) Imaginer tous les liens existants en repoussant au plus loin les limites. Chercher une totale cohérence de la création ; « intra-muros, muros, extra-muros ».
  •  Le lien intime des objets entre eux, dans leur chronologie, leur situation géographique, dans leur aspect (ordre à défini)

« La chair est triste et j’ai lu tous les livres ». Mallarmé « Je n’ai pas lu tous les livres et la vie n’est pas triste, et comme le dit Boulet la naissance à soi même s’accomplit chaque matin ».

EBAUCHE D’UNE METHOLOGIE (pour mieux s’en éloigner…)

Enumération non exhaustive des premiers éléments à prendre en considération dans rapproche d’une étude.

PREMIERE APPROCHE : L’ANALYSE DYNAMIQUE (accoucher les esprits) L’attention que l’on a porté à un terrain a pour origine souvent, la rencontre avec un client, c’est le point d’origine de toute cette masse d’énergie qui va aboutir à l’émergence d’une construction. Ce point d’origine est donc fondamental, il faut pour cela y mettre toute sa réceptivité, il faut aussi commencer à ouvrir la réceptivité du futur maître d’ouvrage.

Du silence sortent bientôt les premiers mots, les premiers pas vers la matérialisation. Les deux entités s’observent d’abord, certes l’une aura des idées préconçues, celle là-même qui aura fait la démarche de demander ou de proposer, selon qu-il s’agisse du client ou de l’architecte.

Il s’agit là aussi d’une opération de séduction, si elle n’existe pas, la rencontre sera stérile, sans intérêt, il vaut mieux ne rien construire. Dans l’autre cas, il faut persévérer, cela demande un engagement Bi-latéral, le premier contrat.

Le silence est maintenant brisé, le maître d’ouvrage exprime son souhait, l’architecte écoute, laisse parler, habitué à cette gymnastique il saura le guider, organiser ses désirs en hiérarchisant les éléments du programme qui vont composer la future construction. Ces éléments du programme sont « les contraintes dynamiques » (en opposition ou complément à physiques) du projet :

Nombre de pièces Définition de l’ensemble des activités Dimension de la construction liée au budget Goûts, couleurs, etc… et là, pour « exemples » , l’architecte intervient, il ne s’agit pas de montrer des exemples types pour ensuite les copier, mais de dégager l’ambiance rêvée par le maître d’ouvrage, l’architecte prend alors les rennes du débat et fait émerger par ses question, ses propositions, les désirs inconscients, refoulés, masqués de son client.

Petit à petit il s’immisce dans l’intimité de l’entité client. Quels sont les rapports de son client au sein de son foyer, car c’est bien ce foyer client qui va habiter ce futur foyer maison.

Il faut donc connaître et observer ce « foyer client » :

Rapport père/mère Rapports enfants/parents/enfants Rapports enfants/enfants Rapport « foyer client » avec le terrain Les rêves du « foyer client » Les rêves de chacun Les compatibilités Les incompatibilités Les impossibilités etc..

L’architecte doit recueillir le maximum d’informations, celles-ci peuvent être transmises par la vue, par le son, puis par le ressenti, l’intuition. SOCRATE utilisait le terme  » MAYEUTIQUE  » qui définissait l’art d’accoucher les esprits, art qui dans son contexte initial s’adressait aux pédagogues : rôle pédagogique de l’architecte (cf. notes et pensées en annexe). Petit à petit le silence revient, « l’instrument se positionne pour permettre l’émergence de l’objet »(du projet). Il faut suspendre tout jugement personnel, comme le dit HUSSERL, faire L’EPOCHE, parvenir à un réel état de méditation car l’instrument, c’est l’architecte, ce n’est plus qu’un instrument, aucun état d’âme ne doit plus maintenant interférer sur l’objet, l’objet existe déjà virtuellement. L’architecte-instrument est là pour le faire vivre, le libérer de toutes ses « contraintes » qui comme un moule, l’ont façonné. Il faut maintenant ouvrir ce moule avec précaution, le projet aura t’il une forme complexe ou bien très simple, une forme concave ou convexe, anguleuse ou ronde. D’apparence fragile ou massive, cela n’a plus d’importance, le projet émerge comme une réponse unique et s’offre à ses futurs utilisateurs. Ils sauront le reconnaître malgré leur probable surprise.

Il contient ce qu’ils souhaitent mais plus encore et c’est ce plus qui va dynamiser ce lieu, Ce que le client ne souhaitait ou n’osait pas souhaiter, cet aspect qu-il ignore de lui et qui pourtant préexistait en lui, ainsi, selon moi, « l’architecte devient alors médiateur »

DEUXIEME APPROCHE : L’ANALYSE PHYSIQUE

1 – La vue en plan de la parcelle. C’est à dire sa projection sur un plan horizontal – en deux dimensions.

2 – La vue en coupe de la parcelle. C’est à dire sa projection sur un plan vertical – en deux dimensions.

  •  Lignes de « force » et tensions de la parcelle vue en plan : Sa géométrie, régulière, rectangle, carré, ou irrégulière : trapèzes, arrondis, triangles, etc… (Démonstration voir plan de masse des villas : Ducreux, Clavé, Egloff…).
  • La relation de cette géométrie en parallèle avec celle des parcelles voisines, son rapport avec les distributions voiries et ensuite les évacuations, alimentations diverses.
  • Orientation de la parcelle par rapport aux points cardinaux, par rapport aux éléments extérieurs, sa situation par rapport à une ville par exemple ou à d’autres bâtiments ou éléments de référence importants Vues, repères, accès, etc… La région, le pays, le climat Les constructions existantes sur les parcelles voisines, dont la typologie, l’implantation ont des influences sur le projet qui nous concerne : vue, harmonisation etc…

Le règlement du plan d’occupation du sol

  •  Il va définir une parcelle dans la parcelle, la partie constructive de cette parcelle.
  •  La vue en coupe, l’application à nouveau du P.O.S., visualisation de la partie constructible en altitude cette fois-ci de la parcelle. Elle vient compléter la visualisation en plan (cf. Parcelle dans la parcelle)

La combinaison des deux visualisations permet de matérialiser un volume en 3D. Le volume d’emprise possible de la future construction – c’est « la motte de terre » ou le « bloc de pierre : « l’épannelage » (voir pour exemple Villa Rey).

Le projet, première certitude, ne pourra pas dépasser cette limite, celle-ci n’aura pas la forme du projet mais l’influencera. Nous pouvons déjà observer le rapport entre cette « forme » et cette parcelle. C’est une première relation, elle doit devenir relation d’amour et d’in­timité entre deux formes. Commence un dialogue entre ces deux entités qui pour l’instant sont en contact, leur contour est encore intact, il n-y a pas encore eu interpéné­tration mais nous n’avons encore rien fait, nous n’avons pas encore dynamisé cette relation, nous n’avons fait qu’observer ce qui existe déjà virtuellement sur chaque parcelle du globe.

Il est temps maintenant de réunir toutes ces données : analyse dynamique et analyse physique pour la réalisation du projet architectural.

L’architecte connaît et utilise les applications de la sociologie, la géographie, l’économie, la science, l’ergonomie, l’art … En bref, ce doit être un généraliste, sans pour autant être un dilettante ! Il doit savoir compléter sa connaissance globale dans toutes « spécialités », son approche allant principalement du GLOBAL au DETAIL, il dresse la trame de ses projets, celle ci se doit d’être la plus expansive possible ; Elle doit s’étendre d’un noyau central – éventuellement la base de la dis­tribution du projet – vers la périphérie. L’espace ainsi délimité permettra à la construction de se modifier et d’évoluer ainsi que de s’étendre vers l’extérieur.

Ce n’est pas l’espace figé et concentrique du panoptique, ni le quadrillage régulier et normalisé que décrit Foucault dans son ouvrage « surveiller et punir », mais un espace libéré, évolutif, expansif qui a ne va pas tendre à « normaliser »et à « figer » l’individu, mais au contraire à le stimuler ; les perspectives changent et amènent une mouvance naturelle accordée aux activités de l’habitant.

Exemples :

  • l’escalier
    Selon que je monte l’escalier ou que je le descende : pyramidal emphatique en montant/parallèle et rassurant en descendant
  • le couloir
    Ce couloir qui me parait plus long et large dans un sens et l’inverse dans l’autre ; Je l’associe par exemple à une activité : Je vais me coucher il est plus long, je regagne le séjour, il est plus court (voir illustrations).
  • la pièce à vivre
    J’occupe des emplacements différents dans ce salon selon que je regarde la télévision, la vue sur l’extérieur, le feu, que je partage un moment avec un ou plusieurs personnes. Ainsi j’exprime des perspectives différentes selon les emplacements, cette « mouvances » des espaces ne doit pas être dérangeante et je pense qu-elle rapproche au contraire de l’extérieur même si l’angle droit, la géométrie pure existe dans la nature intacte et bien sur dans le corps de l’homme, c’est à une échelle cellulaire non lisible à nos sens directes, exemple : macrophotos de cellule, atome, etc. Cette organisation que l-on peut trouver dans les appareils disciplinaires, dans les écoles, dans les camps militaires, où tout est fait pour éduquer, trier, analyser, redresser, existe à l’échelle microscopique.

L’être humain, dans sa vie, entre le microcosme et le macrocosme, perçoit la totale exubérance des formes manifestées, qui semble être le résultat de la puissante combinatoire de l’ensemble des atomes et des cellules composant la matière. Cette diversité se soumet à des règles, à des « harmoniques ». Ne sommes nous pas en « sympathie » avec ce système ? La nature est toujours BELLE au regard de l’homme. Nous ne pouvons tout comprendre mais nous sommes en paix à son contact, comme avec une mère, nous sommes rassurés malgré tout par cette cohérence, son effarante complexité qui pourrait nous effrayer. L’abîme de connaissance qu’il nous faut franchir nous donne seulement ce vertige qui est l’élément stimulateur de notre quête de connaissance. Voilà, nous nous naissons à nous mêmes, C0-NAISSANCE, enfants, tous reliés par nos sens, à cet espace que nous intellectualisons au fur et à mesure, d’abord guidés, éduqués, puis peut être si le vertige est suffisant- par nous même nous devenons instrument de connaissance, prêt alaire les innombrables allés et retours entre le macrocosme qui semble nous entourer et le microcosme que l’on entoure.

A observer les parallèles entre ce qui paraît être un monde face à un autre.

A décortiquer l’un et l’autre par des moyens assez comparables d’ailleurs ; des instruments ou excitants qui prolongent les capacités de nos sens : microscopes, lunettes astronomiques par les sciences, par les drogues en occident comme en orient (les shamans). Nous découvrons ensuite que ces mondes ne sont qu’un, que nous sommes à ce monde. Nous comprenons alors cette relation qui existe entre la nature et nous même, cette relation cosmique et microcosmique, nous savourons alors cette notion d’expansion, d’éclosion. Cette relation entre la terre et le ciel qui ANIME la nature : Principe d’INVAGINATION chez les espèces animales et chez l’homme, transformation des formes convexes en formes concaves, développement sur l’INTERIEUR. Principe d’EVAGINATION chez la plante dont l’essence même est de se déployer vers l’extérieur (cf. : Entre soleil et Terre : la plante, éditions Triade) ce mouvement de la plante qui s’ouvrant à son univers crée aussi son univers personnel à travers les étapes de sa vie… A méditer…